Archive pour 20.4.2011

Portal2, mes impressions…

…A chaud.

Bon, voilà, fini, Portal2. Rappelons qu’il s’agit d’un puzzle-game basé sur l’utilisation d’un device qui permet d’ouvrir des trous distants se rejoignant à travers la matière. Et ma foi, pour ceux qui connaissent déjà Portal, le dépaysement n’est pas énorme. .On retrouve vite ses repères et la dynamique du jeu, l’ambiance, même si, au début, la voix, qui n’est pas celle de Glados (forcément…) fait un peu bizarre. Toutefois, on a l’impression que l’on serre la main à un vieil ami. On est rassuré et content. La joie et le design propre à l’identité du premier nous envahit.

Au niveau graphique, on sent que le moteur est daté et il m’a fait un peu pitié, à certains endroits, en terme de qualité globale d’affichage, de densité de la scène, mais aussi de fluidité. C’est bien, mais ce n’est plus suffisant. Il faut dire que le moteur physique et la gestion des portails lui coute un bras et une partie de la jambe. J’ai même presque été déçu lors de la séance d’intro, avant que toute la scène ne parte en morceau (on y reviendra)… Et que l’on ne me remette pas sur la table le diktat du multi-format pour expliquer ces lacunes. Crytek fait bien mieux en la matière et ce, depuis 5 ans. De belles lumières dynamiques parfois, mais seulement aux endroits où rien ne se passe (pas de physique, pas d’IA, pas de portails). Va falloir améliorer ça pour Half-life 3, les gars. C’est loin d’être suffisant. Et encore une fois, en regardant les vidéos soit-disant in-game d’il y a deux-trois ans, on reste dubitatif…

Le level-design est certainement la chose la plus aboutie dans ce jeu. Les niveaux sont beaucoup plus vastes que dans le précédent opus, beaucoup plus variés et surtout évolutifs. La moitié du décor passe son temps à bouger, se ré-arranger, morpher, et percuter l’autre moitié. C’est absolument fabuleux et cela rajoute de la vie là où il n’y en avait aucune dans Portal. Les nouvelles mécaniques du jeu ont aussi beaucoup apportés au level design, avec notamment les ponts lumineux, les lasers et les gels accélérateurs-répulseurs, qui ont sensiblement changés la structure des niveaux. Le story-telling  aussi, beaucoup. Par contre, vu le poumon qu’est le moteur graphique, on est vite limité en terme de taille de texture, de profondeur de champ (ho, le vilain gros brouillard de profondeur…) et de réalisme. Ceci dit, puisque Portal est un puzzle-game, on sent qu’un soin de tout les instants a été apporté au level-design et notamment sur la notion de guidage du joueur et sur la capacité de celui-ci de ne jamais rester bloqué.

Tant qu’on est dans la mécanique du jeu, il est vrai que les nouveautés (gels, ponts lumineux et autres champs de force) apportent un renouvèlement au gameplay, en y ajoutant une certaine complexité et une profondeur supplémentaire. On regrettera que le jeu soit moins technique cependant. Fini les double-flinguing en rafale du premier (je saute dans un portail, j’émerge de l’autre, et en même temps, je profite de ma célérité de sortie pour tirer une nouvelle entrée, pour augmenter encore ma vitesse, etc..). Le jeu se joue moins à la souris et plus avec le cerveau. Ce n’est pas forcément plus mal. Juste moins technique. Et où sont passés les canaux d’aspirations? Les différents trailers nous annonçaient que l’on pourrait aspirer une partie d’un level, via des bouches d’aspiration…Où sont-ils passés? Remarquez, je le sentais mal, ce truc…

L’histoire est très sympa, avec des révélations sur Glados (le méchant du jeu), et des métamorphoses spectaculaires, l’arrivée d’un petit nouveau, puis de deux petits robots. Le ton est très humoristique, bien décalé et très, très marrant. Les clins d’œil sont omniprésents et souvent à se tordre de rire. On aurait aimé avoir deux-trois détails de plus, comme l’identité de la personne qui a laissé des graffitis sur les murs, le lien avec le Boréalis, aperçu dans Hal-life 2 episode 2, mais bon…Une fin bien délirante aussi.

Non, le seul vrai problème, c’est la durée de vie. J’ai terminé le jeu (donc, sans en connaitre les énigmes) en un peu moins de 5 heures, en prenant bien le temps de flâner dans les couloirs. SI je le refais maintenant, en connaissant les niveaux, je dois pouvoir le torcher en 2 heures. Et l’absence de défis spéciaux, comme dans le premier limite forcément le re-jeu. Ca fait cher payé, tout de même. Mais on y a gagné un mode coopération qu’il faut que je teste pour me faire une idée.

Voilà mes impressions, comme ça, à chaud. Bon, vous aurez remarqué mon indulgence particulière pour ce jeu. On est fan-boy, ou on ne l’est pas. Autant le dire, j’ai adoré jouer à Portal2. mais cela ne cache pas certains défauts, comme la durée de vie à la limite de l’escroquerie bancaire ou le moteur graphique qui a bien progressé sur le chemin du musée. Et la musique de fin, véritable marque de fabrique du premier, qui est nettement, mais alors TRES NETTEMENT moins bien. Un gros plus pour l’originalité, le concept, le design global et le level-design en particulier, et surtout l’humour et la marade.

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